19.01.2006
Récup'Art
ou
la Métamorphose des Matières
Projet initié par le 14
NOTE D'INTENTION
Si, comme dit Rilke, « l'art est né d'une nécessité », ce postulat prend tout son sens dans l'art de la récup'. Le souci de l'environnement, la récupération et le détournement d'objets « perdus », l'art et l'imaginaire enfin s'imbriquent, communiquent et fusionnent pour donner lieu et place à des créations qui s'articulent autour de ce qui pourrait bien s'appeler un «art vert ».
Si le beau peut à loisir se permettre d'être « futile », quoi de plus utile cependant que de trans-former, transcender des supports qui, une fois utilisés et donc « bons à jeter », deviennent tant langage du beau qu'actes écologiques ?
Ce projet, qui, s'il a démarré en 2005 et ce, en pleine conférence mondiale sur les changements climatiques -, s'inscrira tout au long de l'année 2006 en s'articulant autour de cinq événements charnières (voire plus) où l'art sert harmonieusement l'environnement. La métamorphose des matières a ici pour but de manipuler, de
déconstruire l'objet ''perdu'', oublié, abîmé ou inutile, en le transformant en une œuvre d'art, qui n'a de ''vert'' que l'esprit.
Ces expositions sont plurielles à plus d'un titre en ce qu'elles servent, révèlent et reflètent le fil conducteur de ce projet.
Elles sont tout d'abord plurielles dans le fond : florilège de supports, de matériaux, allant de la carte téléphonique au chargeur de portable, en passant par le bois flottant ou les galets, sans oublier les alliages et métaux divers…
La liste ne peut être qu'infinie, à l'instar -hélas !- des objets polluants crées par l'Homme, et à l'encontre - hélas aussi ! - des ressources de notre bonne vieille Terre, ressources que l'on croyait alors inépuisables, il y a à peine un siècle encore…
La forme, ensuite, se manifeste dans la pluralité et la diversité des créateurs exposant leurs œuvres dans une dynamique collective, et ce, dans un souci d'effacer l'égocentrisme de l'Homme pour céder la place à un esprit de conscience ''communautaire'' et solidaire, essentiel à tout acte écologique porteur, constructif et
durable, sinon pérenne.
Cette pluralité dans la forme se retrouve également dans le souci d'élargir et de développer le concept de produits dérivés, qui, s'ils sont en filigrane et en ''marge'' des créations des artistes, n'en occuperont pas moins une place de choix dans l'ensemble des expositions.
A ce titre, parmi cet éventail de produits, allant de l'affiche à l'agenda, du porte-clef au calendrier, etc., une part belle sera faite à deux initiatives inédites : un livre d'art de collectif d'auteurs et une série de documentaires court-métrage sur les créateurs exposés.
Ce livre, en papier recyclé cela va de soit !-, paraîtra fin Décembre 2006 et fera l'objet d'une ''compil' '' de toutes les expos de ''Récup'art'' nées et réalisées sous l'initiative de la Société ''Le 14'' ; le texte sera rédigé lui aussi- à plusieurs mains par un collectif d'auteurs ; les photos seront également prises par divers photographes aux sensibilités plurielles.
Le film, quant à lui, se présentera sous la forme de série de documentaires de 5 minutes environ par artiste ; chaque artiste sera filmé en pleine action, où seront décomposées toutes les étapes de création de l'œuvre à l'honneur : du repérage du site à la découverte et à la ''cueillette'' de l'objet, en passant par sa déconstruction et sa ''reconstruction'' en produit fini, autrement dit en une oeuvre d'art. Son message est à l'image de ce projet : double, en ce qu'il rend hommage à l'environnement et à l'art. Un de nos objectifs est d'en confier la réalisation à un professionnel émérite, dans le but d'être en mesure de pouvoir également le proposer à une chaîne de télévision européenne culturelle de grande écoute.
« C'art », ou l'art de s'approprier et de restituer une carte de téléphone en expression artistique donne ainsi le coup d'envoi à une longue série d'actions d'art de la récup', de récup' de l'art. Une manière pas comme une autre de s'inscrire en citoyen du monde, amoureux du beau autant que soucieux d'une « terre qui ne nous appartient pas, car nos enfants nous l'ont prêtée ».
Insolite et inédite à plus d'un égard, cette série d'expositions invite également le citoyen à s'interroger sur l'importance et l'urgence du respect de son environnement et sur les possibilités infinies qui s'offrent à lui pour y contribuer en y apportant sa touche personnelle, à travers de simples petits gestes du quotidien.
L'art du beau se cultive donc en art de l'utile en ce qu'il sert une nécessité, plus, une urgence : celle de sauver un objet devenu « inutile » de la destruction…non pas de la sienne propre, mais bien de celle de la planète, donc de l'Homme.
Qui a dit que l'Art ne pourrait pas sauver le monde ?
09:35 Publié dans Le 14 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note